Cette sortie est devenue une tradition. Qu’y a-t-il de plus magique que d’entendre un cerf qui, caché dans les buissons, veut faire comprendre qu’il est le meilleur reproducteur et qu’il vaudrait mieux ne pas le contester ? Les femelles ne sont fécondables qu’un jour, parfois moins et il s’agit de ne pas manquer le rendez-vous annuel, de ne pas se faire devancer par un ou plusieurs autres concurrents.

Nous avions décidé de nous rendre en ce dernier samedi de septembre dans la Combe de l’A, en-dessus de Martigny. C’est une vallée sauvage. Après une bonne heure de marche, nous y étions, mais quelque peu inquiets de ne pas avoir entendu un seul brame. En montant en direction du chalet d’alpage, quelques personnes nous rassurèrent en disant avoir vu quelques cerfs sur le versant Est. Effectivement, après avoir marché sous le soleil couchant, nous pûmes distinguer à l’oeil nu et assez haut quelques femelles accompagnées de jeunes mâles en train de brouter de l’herbe jaunie, asséchée par l’été caniculaire. Les porteurs de longues-vues nous prouvèrent l’utilité de leur matériel : les plus grands mammifères sauvages de Suisse étaient là, silencieux. D’autres promeneurs se joignirent à nous pour discuter et observer.

Quels moments magiques!

Mais la nuit tombait et, après un petit pique-nique, il fallut rebrousser chemin. En redescendant, nous vîmes un merle à plastron et on entendit au loin un mâle bramer, comme s’il nous donnait rendez-vous l’année prochaine!

Texte de Alain Walker.