Les Mosses, Praz-Cornet et Lavaux : 9 mai 2026

Les Mosses, Praz-Cornet et Lavaux : 9 mai 2026

Levés à l’aube, nous étions quatorze à nous retrouver au col des Mosses avec le soleil… et Fernand Pasquier, spécialiste des oiseaux des Préalpes.

Montée en voiture jusqu’aux abords de la buvette de Praz-Cornet avec un premier arrêt pour « écouter ». Fernand insiste sur la nécessité de s’immobiliser sur place en évitant tout mouvement ou frottement de vêtement. Accueillis par le tambour du Pic noir qui paradait dans les environs, nous avons repéré le chant du Pinson des arbres, de la Grive musicienne et du Coucou gris. Une espèce qui accompagnera tout notre parcours, mais que nous ne parviendrons pas à observer. Peut-être parce que nous n’avions pas tous un sou dans la poche ! Plus vraisemblablement à cause de la grisaille de son habit et d’un chant émis jusqu’à un kilomètre à la ronde.   Fernand nous rappelle les caractéristiques et le comportement de cet oiseau. De la taille d’une corneille, il a une silhouette particulière, avec des ailes qui pendent vers la queue. La femelle dépose ses œufs dans le nid d’une autre espèce, mais la même espèce d’oiseau qu’elle avait comme parents adoptifs. Pour s’approprier l’espace du nid, le jeune coucou, premier à éclore, éjecte un à un les œufs parasités hors du nid, grâce à un creux sur son dos, que l’on nomme également « ventouse », où il peut caler les oeufs de l’oiseau parasité. Ce creux disparaît lorsque l’oiseau grandit.

Pinson des arbres

Au début de notre cheminement vers la Chaux Derrey, une première halte nous permet d’entendre brièvement un roucoulement de Tétras-lyre, promesse d’une observation que nous ne ferons pas. « On est une heure trop tard », regrette notre guide. Avis aux amateurs qui ne manqueront pas de revenir sur place à l’aube, une prochaine fois…

Merle à plastron

On se console avec le chant de l’Accenteur mouchet et du Merle à plastron (« oin-oin ») que nous admirerons un peu plus tard au sommet d’un sapin.

Arrêt sur une plateforme où, grâce à la longue-vue, nous observons longuement un Pipit des arbres, avant de suivre son envol caractéristique : ascension, puis descente « en parapente ». L’occasion aussi d’admirer entre roches et ciel, trois étagnes, facilement identifiables grâce à la finesse de leurs cornes.

Pipit des arbres

Quelques gorgées de thé, un en-cas, deux milans royaux, des Hirondelles de rochers, deux Faucons crécerelles, un Autour (?), un Rougegorge familier, des Linottes mélodieuses. Avant de reprendre notre marche, nous admirons encore le rougeoiement d’un bouquet de sapins « en fleurs ».

Arrivée en Lavaux (un nom prédestiné pour une sortie de notre groupe !), devant un grand chalet d’alpage au toit de tavaillons. Devant, trois meules de bois qui alimenteront, cet été, le foyer sous la chaudière, ce grand chaudron dans lequel on prépare le fameux l’Etivaz, fromage fabriqué exclusivement à l’alpage et au feu de bois. La chaudière du chalet de Lavaux est la plus haute de Suisse : 1940 m. Les meules de bois dressées l’été dernier sont constituées de fins quartiers de sapin — les « chantons » qui s’enflamment rapidement et chantent sous la chaudière — et recouvertes de gros quartiers noueux en guise de tuiles.

Meules de bois

Nous nous installons en contrebas d’une jolie colline, face à un pâturage proche du lac Lioson qui nous réserve bien des surprises.

Ce sont d’abord trois marmottes qui guignent dans la neige de part et d’autre d’un rocher, puis tout un troupeau de chamois qui se découpe dans le ciel, sans parler des bouquetins avec leurs cabris dans les rochers en contrebas.

Chamois dans la falaise

Avant de quitter ce lieu paisible, nous aurons encore la chance d’observer longuement un Traquet motteux, sa silhouette gracile, ses bandeaux noirs et son cul blanc.

Une dernière photo des touffes de pensées sauvages, les retrouvailles avec les tapis de crocus, quelques primevères farineuses, les franges des soldanelles et le bleu intense des gentianes printanières et de Koch.

Traquet motteux

Retour à Praz -Cornet avec une dernière halte à la recherche du Tarier des prés sur les clôtures. Pas le moindre oiseau sur les piquets, mais des frétillements dans le petit étang tout proche : des pontes de grenouilles rousses et des milliers de têtards de crapauds communs minuscules.

Dernière étape de notre sortie, le chalet de Madeline sur la route de Sonlomont, au-dessus du village des Moulins. Après l’apéritif et la fondue partagée dans l’amitié, petite incursion dans le patrimoine bâti du Pays d’Enhaut au XVIIème siècle, avec la visite de cette maison en madrier, construite à l’origine pour deux familles paysannes.

Un grand merci à Fernand Pasquier — un oiseau rare ! — pour son expertise et ses apports enthousiastes tout au long de cette belle journée.

Texte : Madeline Demaurex / photos : Pierre-Alain Cordey, Gilbert Bavaud

Un immense merci à Madeline pour l’organisation parfaite de cette sortie, son joli rapport et surtout pour l’accueil magnifique et la délicieuse fondue dégustée devant son chalet historique !