Forêt de Moiry, de Ferreyres, Mormont: 21 mars 2026

Forêt de Moiry, de Ferreyres, Mormont: 21 mars 2026

Ce samedi 21 mars restera certainement dans nos mémoires comme une journée de printemps lumineuse à souhait et émaillée de surprises imprévues.

Inflorescences de l’érable à feuilles d’obier

D’abord la forêt de Moiry inondée de soleil et pleine du chant matinal des oiseaux. L’enchevêtrement de chênes pubescents encore sans feuilles, dominés par de grands érables à feuilles d’obier avec leurs lumineuses inflorescences jaunes, résonne du ramage des oiseaux. C’est l’occasion rêvée de distinguer tous ces chants. Il y a là l’originalité de la Grive musicienne, la nostalgie du chant de la Grive draine, les trilles sans fin du Troglodyte mignon, le chant perlé du Rougegorge familier, la petite chanson du Pinson des arbres, celle des Mésanges charbonnières, bleues et noires, le crescendo haut perché du Roitelet à triple bandeau. Et les pics qui affectionnent ce type de forêts naturelles, où le bois mort ne manque pas? A deux reprises, nous entendons le cri du Pic épeichette. Et puis plusieurs fois, l’appel nasillard du Pic mar qui se rapproche de plus en plus jusqu’à ce qu’il se montre à nous, comme s’il voulait voir qui s’aventure dans sa forêt. De retour au petit parking et sur le point de reprendre nos voitures, nous sommes retenus au moins une demi-heure à observer tous les oiseaux qui s’égayent dans les vergers entourant les fermes : Pouillot véloce, Tarin des aulnes, Verdier d’Europe, Chardonneret élégant, Bergeronnette grise, Rougequeue noir, diverses mésanges, un couple de Faucons crécerelles qui se bécote dans le nichoir accroché sous le toit d’une ferme.

Tarin des aulnes
Faucons crécerelles
Anémones pulsatilles

Puis c’est un court arrêt au bois de Ferreyres pour admirer les anémones pulsatilles dans les prairies encore toutes sèches et faire un tour dans la carrière jaune. Là quelque chose d’indéfinissable  qui s’agite dans un des nids de Grand corbeau accrochés à la falaise provoque dans notre groupe une avalanche d’hypothèses farfelues, jusqu’au moment où le propriétaire légitime du nid, un Grand corbeau, quitte les lieux en croassant.

Carrière de Ferreyres
Nid du Grand corbeau

Cap sur le Mormont… mais c’est sans compter sur la fête qui bat son plein autour du vieux four à pain d’Orny. Comment et pourquoi résister ? Nous nous garons devant la petite église médiévale et y admirons quelques fresques et surtout les magnifiques vitraux de l’artiste verrier Bernard Viglino. Puis nous achetons du pain au sortir du four à bois encore tout chaud et parfumé. A côté du stand de vente, coule le petit Nozon où nous observons un cincle plongeur affairé à la construction de son nid et une Bergeronnette des ruisseaux.

Puis … enfin le Mormont et le pique-nique autour d’une grande table dans le défilé du canal d’Entreroches.

Après le repas, un petit gymkhana à travers la forêt émaillée de fleurs printanières, jonquilles sauvages, pervenches, hépatiques, corydales, primevères, cornouiller mâle nous ramène à la maison du commis où nous retrouvons nos voitures. Dernière petite surprise de la sortie, une cigogne blanche au bord de la route.

Jonquilles sauvages

Une journée pleine de surprises, de petits bonheurs, de moments non planifiés … l’occasion fait le larron, non?

Texte: Martina Suter / photos: Gilbert Bavaud