
Et nous voilà repartis pour la lointaine Vallée du Justistal avec des prévisions presqu’aussi mauvaises qu’en 2024 : très nuageux, pluie, températures hivernales 5 à 11 degrés. Qu’à cela ne tienne, j’avais écrit « par tous les temps » car je n’avais pas la possibilité de reporter.
Comme en 2024, les participants du GANaL étaient présents au RV à Puidoux-Gare et nous avons rejoint en fin de matinée la Vallée du Justistal, nichée au-dessus du Lac de Thoune et enveloppée d’un épais brouillard. Une pluie fine nous oblige à nous équiper et les parapluies remplacent les bâtons, inutiles sur cette petite route.

Comme à chaque fois, l’anxiété m’étreint. Pas de brame ! et non ce n’est que le ruisseau qui masque les rugissements des cerfs. Comme il est midi passé, nous recherchons un lieu au sec pour installer notre pic-nic canadien. Dame Météo nous fait une fleur en faisant une trêve et les Délices Maison que chacun.e a apportés peuvent ainsi être étalés sur l’immense pierre qui fait office de table haute.

Le brouillard enveloppe et déchire cette vallée mystérieuse, protégée par des superbes rochers en tourelles, avec ses fermes-chalets entourées de verts pâturages. Au fur et à mesure de notre randonnée, nous observons un cerf mâle majestueux avec ses bois imposants qui semble seul. En fait, presque à chaque fois, près de lui se tiennent des femelles et des jeunes qui constitue son harem. Lors du rut, qui s’étend de mi-septembre à mi-octobre, les mâles rejoignent les femelles et les jeunes. En effet, les deux groupes vivent séparés le reste de l’année. Pendant la période du rut, le mâle va suivre les femelles pour « sentir » lorsqu’elles sont fécondes (un jour tous les 18 jours).

C’est ainsi que nous observons une scène avec 4 mâles et un groupe de femelles et où la hiérarchie entre les mâles doit déterminer qui pourra saillir les femelles. Plusieurs mâles solitaires que nous observons sont couchés dans le pâturage et récupèrent certainement de plusieurs nuits de brames et de courses-poursuites après leur harem.

Arrivés au bout de la Vallée, nous pouvons faire une halte sous l’auvent d’une Auberge fermée avant d’entamer le chemin de retour aux voitures, ponctuées de l’écoute du brame et de l’observation des cerfs mâles, femelles et jeunes de cette année et de la précédente. La longue-vue nous permet également d’admirer des faucons crécerelles, grands corbeaux, un milan royal, des chamois et un bouquetin solitaire. Près du ruisseau, à l’arrivée vers les voitures, comme à chaque fois, le sautillant cincle plongeur nous gratifie d’une de ses séances de plongeons aux invertébrés.

Encore un moment pour partager le cake banane-chocolat de Pierre-Alain, resté dans la voiture, et départ pour un retour sans encombre, avec les sons et les images de cette extraordinaire Vallée du Justistal. MERCI chers Participants pour votre enthousiasme et votre courage. Un merci tout particulier à Isabelle, Nancy (nouvelles aux GANaL), Gilbert B. qui ont conduit et à nos photographes Valérie, Pierre-Alain et Gilbert B. C’est à chaque fois un plaisir pour moi de partager ces moments Nature avec vous.

Texte : Elvire Fontannaz. Photos : Valérie Badan, Pierre-Alain Cordey, Gilbert Bavaud
