Parc naturel de Finges: Beauregard, Agarn, Bois brûlé: 6 juin 2026

Parc naturel de Finges: Beauregard, Agarn, Bois brûlé: 6 juin 2026

Une journée de 13 heures de découvertes, d’enthousiasme et de partage d’un groupe de 13 membres du Groupe des Amoureux de la Nature… en Lavaux, mais ce 6 juin de la Nature du Parc naturel de Finges. Quatre pièces d’un puzzle qui forment un tableau éblouissant.

Première pièce du puzzle : La montée jusqu’aux ruines du château de Beauregard dans une forêt pionnière de pins, d’aulnes, de trembles et de bouleaux, émaillée de platanthères à deux feuilles, d’orchis moucherons, de quelques orchis casqués, de lys martagons géants sur le point de fleurir, de rhinantes, d’anthyllaires vulnéraires, de chardons à pédoncules nus particulièrement appréciés du papillon piéride de l’aubépine entre autres insectes. Tout ceci avec l’ostinato du chant du Pouillot de Bonelli, de la Grive draine et du Coucou. Le pont-levis du château ayant disparu depuis belle lurette, nous crapahutons le long de câbles jusqu’à la ruine de Beauregard, véritable nid d’aigle permettant au seigneur du lieu de surveiller toute la vallée en direction de Sion. Petit en-cas et boisson tirés des sacs dans ce qui reste de la cour du château, puis descente en car postal de Niouc jusqu’en plaine avec à chaque contour en épingle à cheveux le fameux klaxon de notre enfance !

Platanthère à deux feuilles
Montée dans le Val d’Annivier

Deuxième pièce du puzzle : Une table garnie des succulentes productions culinaires des 13 participants. Un festin, suivi d’un moment de sieste pour les uns, d’un bain de pieds pour les autres et de la visite du pont bhoutanais pour le gros de la troupe. Et il va de soi qu’on retrouve le groupe à la boulangerie Mathieu à Susten pour le café.

Pont Bhoutanais et un des photographes, Pierre-Alain Cordey

Troisième pièce du puzzle : Petit tour aux étangs d’Agarn, où les Rousseroles turdoïdes et verderolles, ainsi que le Rossignol philomèle  s’égosillent. Belle observation des acrobaties des Guêpiers à la chasse, d’un couple de Tariers pâtres et observation émue d’un couple de Foulques macroules entourant leurs trois poussins affamés.

Guêpiers d’Europe
Rousserolle turdoïde

Quatrième et dernière pièce du puzzle : Montée en voiture dans le bois brûlé jusqu’au niveau d’Albinen. Etonnamment peu d’observations durant le début de soirée, si ce n’est un Bruant fou et un Pipit des arbres. Est-ce dû au vent, à l’heure, à la date plus tardive que la fois précédente ? Nous nous régalons une deuxième fois de ce qui reste du repas de midi, puis nous faisons une boucle sur un sentier absolument magnifique qui serpente entre des pentes steppiques, des arbres calcinés dressant telles des sculptures leurs bras nus et tordus vers les cieux et des bosquets d’arbres pionniers, le sol jonché de bois en décomposition aux couleurs noires, ocres, rousses ou blanchâtres, ressemblant parfois à des ossements d’animaux préhistoriques.

En attendant l’engoulevent dans la forêt brûlée…

Peu à peu la nuit s’installe et avec elle la magie du ronronnement de l’Engoulevent, du gloussement un peu grinçant d’une Perdrix bartavelle et de quelques cris d’un oiseau qui restera un mystère. Lors de la descente en plaine, étant la voiture de tête, nous surprenons dans le faisceau des phares un lièvre et plus loin une Bécasse des bois s’envole comme une fusée pour disparaître dans la nuit.

Et voilà, le puzzle de cette belle journée qui restera dans nos mémoires est terminé. Repos nécessaire et bien mérité des 13 membres du GANaL.

Texte: Martina Suter / Photos : Pierre-Alain Cordey, Stuart Spelling, Gilbert Bavaud