Place d’armes de Bière – Marais des Vauffiaux : 23 mars 2025

Place d’armes de Bière – Marais des Vauffiaux : 23 mars 2025
Pie-grièche grise

Ce dimanche 23 mars nous menaçait d’une météo peu réjouissante. C’est le contraire qui s’est produit. Nous avons parcouru l’étendue steppique de la place d’armes de Bière sous un soleil éblouissant. Les étendues importantes et d’un seul tenant de prairies maigres, parsemées de buissons épineux, de bocages, de haies, de vieux chênes et frênes et de zones alluviales font de cette place d’armes un territoire d’une très grande richesse biologique, tant botanique que faunistique. Il s’agit en particulier d’oiseaux nichant au sol et dépendant de haies et de prairies non fauchées et non malmenées par l’agriculture intensive. Et en effet nous sommes accueillis par le chant et les vols nuptiaux de quantités d’Alouettes des champs. Nous observons également de nombreux Bruants jaunes, un couple de Tariers pâtres, une Pie-grièche  grise qui se laisse admirer longuement, tandis que dans le ciel évoluent des Buses variables et de nombreux Milans noirs et royaux. Par contre pas trace de l’Alouette lulu qui est pourtant une des espèces rares et menacées fréquentant ces lieux. Il nous faudra revenir…

Milan noir

Pour le pique-nique nous nous installons autour des tables du refuge au-dessus de la confluence du Toleure et de l’Aubonne. Anne-Lise et Olivier nous révèlent enfin ce qui se trouve dans la mystérieuse caisse bleue qu’ils ont trimballé assez péniblement jusque là, un magnifique vin mousseux et d’excellents taillés aux greubons pour fêter l’anniversaire de leurs 35 ans de mariage. Longue et heureuse vie à ce couple radieux.

Anne-Lise et Olivier

Après le pique-nique, cap sur les marais des Vauffiaux, près du hameau Les Monod. Nous parcourons émerveillés cette forêt inondée et longeons le ruisseau Le Veyron, au cours totalement libre et aux eaux rapides et limpides. Par endroits, nous devons faire des traversées  d’équilibristes du chemin inondé, certains d’entre nous préférant faire la traversée pieds nus! Partout nous constatons les activités des divers pics dans les vieux arbres et nous entendons les appels du Pic noir. Sinon les oiseaux se sont mis en mode sieste et nous profitons d’entendre le murmure du ruisseau. Il était prévu de faire encore un saut aux Bois du Sépey, mais nous avions fait notre plein de merveilles.

Marais des Vauffiaux, forêt inondée

J’ajoute au récit de notre sortie, le texte trouvé sur internet concernant le programme de protection de la biodiversité de la place d’armes de Bière.

Texte : Martina Suter/ Photos : Olivier Guillemin, Pierre-Alain Cordey, Gilbert Bavaud

Protection et valorisation

Avec le programme Nature – Paysage – Armée (NPA), le DDPS met en oeuvre différentes mesures sur la place d’armes de Bière :

  • Prairies et pâturages
    Un plan de gestion des prairies et pâturages secs d’importance nationale (PPS) est établi. Il permet de garantir une exploitation agricole extensive favorable au maintien des espèces végétales à forte valeur patrimoniale, comme la Petite centaurée. Les moutons permettent de lutter contre l’embroussaillement des prairies sèches. Des baux à ferme qui fixent les régimes de fauche, de fumure et de pâture sont soumis aux agriculteurs.
  • Haies et bosquets
    Les haies, bosquets et autres arbres isolés font l’objet d’un plan d’entretien. Celui-ci garantit la pérennisation et l’amélioration de ces structures favorables à une avifaune diversifiée.
  • Zones humides
    Les bassins d’une ancienne pisciculture présente sur le site ont été revitalisés et transformés en espaces naturels aquatiques, favorables aux batraciens, à l’image du Crapaud calamite.
  • Sources
    Un inventaire des sources de la place d’armes a été réalisé. Il constitue le premier pas d’un programme de revitalisation des milieux fontinaux qui permettra d’améliorer encore la qualité biologique des zones humides.
  • Friches
    Les friches herbacées liées à l’activité militaire font l’objet d’un plan d’entretien minutieux assurant aux espèces végétales inféodées à ce type de milieux la pérennité de ces structures naturelles.
  • Espèces problématiques
    Un plan d’action a été mis en place pour combattre les plantes exotiques envahissantes. Celles-ci font l’objet d’une gestion ciblée garantissant la limitation de leur expansion.