Rapport de sortie au Vallon des Morteys, 27 juin 2020

Rapport de sortie au Vallon des Morteys, 27 juin 2020

Dès la montée en voiture en direction du Gros-Mont, nous devons stopper net à deux reprises pour laisser passer deux salamandres noires.

Gros-Mont

Le marais d’altitude du Gros-Mont est parsemé d’orchidées dactylorhiza et dans les grosses feuilles des pétasites blanc, nous entendons le chant de l’oiseau-orchestre, la rousserolle verderolle. Dans cette vallée, nous sommes entourés de pics rocheux, la Dent de Folliéran et de Branleire, le Vanil Noir et celui de l’Ecri et de l’autre côté les Trois Pucelles, la Dent de Savigny et celle de Ruth. Les deux ou trois chalets à tavillons, cheminée fumante et vaches paissant alentour, évoquent une Suisse paisible que l’on aimerait préserver.

dactylorhize à larges feuilles

Puis nous entamons la lente montée vers la cabane des Marindes, dans le Vallon des Morteys moussant de verdure, qui laisse peu à peu place aux lapiaz et à la flore alpine, pulsatille des Alpes, orchis vanillé, orchis moucheron, orchis grenouille, et même soldanelles et bois-gentil, là où la neige vient de fondre. Du fond des buissons, nous entendons les notes claires de la fauvette à tête noire et celles plus graves et gutturales de la fauvette des jardins, ainsi que la petite strophe aigüe de l’accenteur mouchet. Le merle à plastron, le traquet motteux et le pipit spioncelle se laissent observer et trois vautours fauves passent en vol majestueux par-dessus les sommets.

orchis vanillé
traquet motteux

Nous pique-niquons dans le lapiaz des Morteys de Folliéran, en face des la Dent du même nom. Dans une coulée de pierres, une vingtaine d’étagnes se prélassent au soleil avec leurs petits, tandis que sur un petit champ de neige, douze jeunes chamois se bataillent comme dans une cour d’école enfantine, sous le regard bienveillant de leurs mères. Et en avant les attaques feintes, les ruades, les glissades, les bonds désarticulés et désordonnés qui se terminent souvent le museau dans la neige. Désopilant! On ne peut pas se lasser d’un tel spectacle de pure joie et énergie. Une magnifique préparation pour la vie parsemée de moments difficiles qui les attend.

jeunes chamois avec leurs mères