Vue-des-Alpes – Les Brenets – Les Ponts-de-Martel : 5 avril 2025

Vue-des-Alpes – Les Brenets – Les Ponts-de-Martel : 5 avril 2025

Rendez-vous à 7h15 sous un ciel qui laisse présager une journée éblouissante.

Jonquilles sauvages

Premier arrêt juste en-dessous de la Vue-des-Alpes. Petit chemin bordé d’un superbe muret en pierres sèches, pâturages émaillés de touffes de jonquilles sauvages, de crocus blancs et violets, de primevères élevées, d’hellébores fétides, entre autres. Les vénérables érables de montagne que nous avions admiré il y a 5 ans sont toujours là, bien solides, et leurs branches couvertes de lichens et de mousse épaisse témoignent de leur vécu. Du sommet des arbres retentit le chant du Pipit des arbres, celui de l’Accentuer mouchet, de la Grive draine et dans les branchages des sapins celui de la Mésange noire et huppée, tandis qu’un Roitelet s’agite tellement que nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord s’il s’agit du triple bandeau ou du huppé.

Pipit des arbres

Mais qu’est-ce donc que cette petite boule de poils aux minuscules oreilles rabattues, au grand œil noir apeuré, qui se blottit absolument immobile dans un petit creux de terre et d’herbes sèches ? Nous nous attendrissons devant un minuscule bébé lièvre et espérons que sa maman reviendra rapidement pour le protéger des mille dangers qui le guettent ! Bravo à Fabienne pour cette extraordinaire découverte !

Jeune lièvre

Changement d’ambiance au bord du Doubs, quelques centaines de mètres au-delà de la frontière des Brenets. Le Rouge-gorge, le Troglodyte et le Pouillot véloce s’en donnent à cœur joie, tandis que nous nous agenouillons devant la fritillaire pintade, gracile plante avec une belle clochette en damier rose et blanc.

Fritillaire pintade

En une demi-heure nous rejoignons ensuite les Ponts-de-Martel. Après un pique-nique autour des tables au centre du haut-marais et un café à la Maison de la Tourbière, inaugurée en 2023, nous avons droit à une passionnante visite guidée du musée. Nous apprenons tout sur l’histoire et la formation d’une tourbière, sa richesse et sa valeur écologique, fonctionnelle et scientifique et la terrible et longue exploitation intensive et industrielle de la tourbe, d’abord comme combustible, puis à des fins horticoles. L’impact de cette exploitation sur l’écosystème des tourbières a été si radical qu’il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges de tourbières, dont celle des Ponts-de-Martel. Cette visite nous laisse terriblement songeurs quant à l’ignorance, mais surtout la cupidité de l’être humain, capable de détruire en quelques décennies ce que la nature a mis des milliers d’années à construire, et ce malgré les avertissements des scientifiques. A nouveau un exemple parlant de la manière dont l’être humain surexploite aveuglément un milieu, de sorte qu’il faille investir une somme considérable d’énergie et d’argent pour essayer de protéger, sauver et reconstituer ce qui peut l’être.

Pour terminer cette journée, nous faisons encore le tour de la tourbière sur les belles passerelles aménagées pour protéger le sol du piétinement des nombreux visiteurs. Dans un plan d’eau, nous assistons aux ébats féroces des crapauds communs.

Plusieurs mâles agglutinés sur une femelle…

A 18.15 nous partons les yeux et la tête pleins des magnifiques couleurs et sons de cette longue journée passée à admirer les merveilles de la nature.

Texte: Martina Suter / Photos: Gilbert Bavaud